Le 125eme RI de ses origines napoléoniennes à la Libération de la France
Par Alain BENOIST, administrateur de l’association du Mémorial des bunkers de Pignerolle
Les origines du 125eme RI
Créé en 1795, ce corps d’armée a reçu, en novembre 1812, la mission de protéger et favoriser la retraite de la Grande Armée. Ces actions permettent à Napoléon de rapatrier les débris de son armée jusqu’au bord de la Bérézina.
La division Partounneau reçoit la mission de tenir les passages de Borisow malgré ses effectifs réduits à 4 000 hommes face à 75 000 Russes. Acculés à la Bérézina la bataille durera du 27 au 28 novembre 1812. L’arrivée du 125ème RI et de la brigade Blamont oblige les Russes à repasser le pont.
Par la suite, le 125ème RI participe à la Grande Guerre d’où il en revient avec la fourragère jaune (décernée à l’occasion de faits de guerre), décoré de la Croix de guerre avec palmes, quatre citations à l’ordre de l’armée, une à l’ordre du corps d’armée et une à l’ordre de la division.
En 1923 le 125ème RI est une première fois dissous.

L’insigne du 125e régiment d’infanterie
Le 125ème RI à Pignerolle
La première mise en alerte des forces françaises a lieu de mars à avril 1936, à la suite de la remilitarisation de la Rhénanie par le gouvernement allemand.
Le 23 août 1939 débute en France le rappel des réservistes et le 24 ceux du 125ème RI sont de nouveau mobilisés. Ce régiment est reconstitué au Centre Mobilisateur 91 de la caserne Desjardin, mais par manque de place, la partie la plus importante des hommes sont envoyés se former du 2 au 13 septembre à Saint-Barthélemy dans le parc de Pignerolle.
Si Angers ne se trouve pas être un Centre Mobilisateur de première importance, il n’en est pas moins considérable étant donné la présence du grand État-major de Tours sous les ordres du général de la Laurencie du 32ème RI.
Le 125ème RI, composé à l’origine de 2 800 hommes, est principalement constitué à 60% environ de réservistes bartholoméens, angevins et choletais. Il est mis sur pied, sous le commandement du colonel Toréro, avec vingt-cinq bataillons, dix-huit compagnies et un parc de réserve générale d’armée. Il est endivisionné au sein de la 18ème Division d’Infanterie.
Ce 13 septembre 1939, l’ensemble des soldats est réuni sur le perron pour la présentation au drapeau. Le même jour, les derniers hommes quittent Pignerolle et la gare Saint-Laud pour aller combattre dans l’Est de la France. Le spectre de la défaite ne hante aucun esprit car la supériorité des armées françaises ne fait aucun doute.
Le 125eme RI : de la Drôle de Guerre à la Libération de la France
Entre le 10 et le 15 mai 1940, il est mis en alerte et prend position sur la Meuse. Il se heurte à l’avance ennemie et le 16 mai 1940, il reçoit pour mission d’assurer la couverture de la 18ème DI. Après l’hiver passé dans les Ardennes, de janvier à mai 1940, les batailles désastreuses à Walcourt, en Belgique, ou celles sur le front de la Meuse face aux blindés allemands commandés par Erwin Rommel, le 125ème RI est décimé. A Walcourt, les combats sont acharnés et le régiment perd 280 hommes, compte 412 blessés et de nombreux prisonniers. 27 soldats sont enterrés près de la Basilique, dans la cour du cloître, leurs dépouilles seront rapatriées à Saint-Barthélemy-d’Anjou dans les années 50. Seul celle de l’aspirant Vincent Dauchez repose encore dans le cimetière.
Les débris du 125ème RI rejoignent alors le camp de La Courtine, dans la Creuse, ou ses rescapés sont amalgamés au 90ème RI pour retrouver en juin de nouveau le contact avec les Panzerdivisionen de Rommel dans la région de Rouen et se faire piéger à Saint-Hilaire-du-Maine, en Mayenne, autant par les discours du maréchal Pétain que par l’audace de l’ennemi.
Les rescapés de 125ème RI gagnent les rives de l’Orne où les attendent déjà des milliers de prisonniers dans l’attente d’être envoyés outre Rhin alors que certains, ayant réussi à s’échapper, seront retrouvés dans la résistance angevine.
Par la force des choses, le régiment est de nouveau dissous en 1940.
Il est de nouveau reconstitué en 1944 à partir des groupes FFI de la région. Il opère au sein des Forces de l’Atlantique aux combats des poches de Saint-Nazaire, Royan et La Rochelle.
Il est une dernière fois dissous en 1945. Ses 9 bataillons donneront naissance à d’autres unités.
Références
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A découvrir
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