Les escorteurs

Par Guillaume BERTIN, secrétaire général de l’association du Mémorial des bunkers de Pignerolle

Dans la Marine nationale, les escorteurs sont des navires de guerre destinés à protéger les unités importantes de la flotte (porte-avions, navires de transport, convois (y compris civils et marchands)).
Ils assuraient la sécurité maritime face aux menaces aériennes, sous-marines et de surface.

Contexte historique

A la fin de la seconde Guerre mondiale et plus particulièrement à partir des années 1950, à, la France ne disposait que de peu de navires pour assurer ses escortes et sa présence sur les mers. Elle pouvait notamment compter sur ses anciens torpilleurs et contre-torpilleurs ainsi que ses prises de guerre (Allemagne et Italie). Il s’agissait néanmoins de navires vieillissants. C’est grâce au concours financier apporté par les Etats-Unis que la France put reconstituer une flotte capable de protéger ses intérêts nationaux, de sécuriser ses routes maritimes et de protéger ses navires militaires et marchands alors que la Guerre Froide dominait le monde.  Ainsi les escorteurs virent le jour.

Le Lorrain

Le Lorrain

Les différentes classes françaises d’escorteurs

La Marine nationale distingue plusieurs catégories d’escorteurs :

  • Les escorteurs d’escadres

    Il sont composés de 18 navires répartis en 3 classes :

    • Classe T47 (composée de 12 navires) : Le Surcouf (D621), Le Kersaint (D622), Le Cassard (D623), Le Bouvet (D624), Le Dupetit-Thouars (D625), Le Chevalier Paul (D626), Le Maillé-Brézé (D627), Le Vauquelin (D628), D’Estrées (D629), Du Chayla (D630), Le Casabianca (D631) & Le Guépratte (D632).

    • Classe T53 (composée de 5 navires) : Le Duperré (D633), La Bourdonnais (D634), Le Forbin (D635), Le Tartu (D636), Le Jauréguiberry (D637)

    • Classe T56 (composée de 1 navire) : La Galissonnière (D638).

  • Les escorteurs rapides

    Ils sont composés de 18 navires répartis en 3 classes :

    • Le type E50 est la première série mise en service. Elle est composée de 4 navires : Le Corse (F761), Le Brestois (F762), Le Boulonnais (F763), Le Bordelais (F764).

    • Le type E52 est la seconde série mise en service ; elle apporte un renforcement dans l’armement anti-sous-marins et dans la détection. Elle est composée de 11 navires : Le Normand (F765), Le Picard (F766), Le Gascon (F767), Le Lorrain (F768), Le Bourguignon (F769), Le Champenois (F770), Le Savoyard (F771), Le Breton (F772), Le Basque (F773), L’Agenais (F774), Le Béarnais (F775). 

    • Le type E52B est la troisième série mise en service ; elle apporte des améliorations dans le système de détection et dans l’électronique et élargie les capacités opérationnelles des bâtiments. Elle est composée de 3 navires : L’Alsacien (F776), Le Provençal (F777), Le Vendéen (F778). 

  • Les avisos-escorteurs

Ils sont composés de 9 navires

    • Classe Commandant Rivière : Le Victor Schœlcher (F725), Le Commandant Bory (F726), L’Amiral Charner (F727), Le Doudart de Lagrée (F728), Le Balny (F729), Le Commandant Rivière (F733), Le Commandant Bourdais (F734), Le Protet (F748), L’Enseigne de vaisseau Henry (F749).

  • Les escorteurs-côtiers

    Ils sont composés de 14 navires répartis en 2 classes :

    • Classe Le Fougueux (composée de 3 navires) : Le Fougueux (P641), L’Opiniatre (P642), L’Agile (P643).

    • Classe L’Adroit (composée de 11 navires) : L’Adroit (P644), L’Alerte (P645), L’Attentif (P646), L’Intrépide (P630), L’Ardent (P635), L’Etourdi (P637), L’Enjoué (P647), Le Hardi (P648), L’Effronté (P638), Le Frondeur (P639), Le Fringant (P640).
L'Alsacien

L’escorteur-rapide l’Alsacien

Rôles opérationnels des escorteurs

Selon qu’ils soient escorteurs-d’escadres, escorteurs-rapides, aviso-escorteurs ou escorteurs-côtiers, ces navires de surface avaient des rôles opérationnels bien précis.

  • Les escorteurs-d’escadres avaient pour mission essentielle d’accompagner, de protéger & d’assurer la sécurité permanente en haute mer d’une escadre navale, c’est-à-dire un groupe de grands bâtiments de combat telles que les porte-avions, les croiseurs, les convois logistiques, etc. Ils permettaient une protection antinavire, anti-aérienne & anti-sous-marine et pouvaient avoir des fonctions de piquet radar ou de conducteur de flottilles.

  • Les escorteurs-rapides avaient pour mission principale la lutte anti-sous-marine. Conçus pour être rapides et manœuvrant, ils étaient chargés de détecter, poursuivre et neutraliser les sous-marins ennemis afin de protéger les convois maritimes, les routes de ravitaillement et, si nécessaire, les groupes navals. Équipés de sonars et d’armements spécialisés, ils patrouillaient en haute mer & assuraient une présence dissuasive.

  • Les aviso-escorteurs étaient des navires polyvalents, destinés à des missions variées : l’escorte, la patrouille, la présence navale ou encore la surveillance maritime.
    Il ont joué un rôle clé dans la présence française et la défense des intérêts français sur les mers, notamment dans les territoires ultramarins en y assurant une marine visible & dissuasive.

  • Les escorteurs-côtiers, plus légers et de plus faible déplacement que les escorteurs d’escadre ou rapides, étaient destinés à assurer la sécurité des approches maritimes proches du territoire, escorter des convois côtiers, et surveiller les zones littorales et proches des rivages contre les menaces sous-marines et navales.

Le Lorrain

Le Lorrain

Fin de carrière des escorteurs rapides

Après les années 1970–1980, la Marine nationale a abandonné les appellations d’escorteur d’escadre; d’escorteur rapide, d’aviso-escorteur et d’escorteur côtier.

Néanmoins, les missions d’escorte ont depuis été accomplies et le sont toujours de nos jours par les frégates comme La Fayette. Elles sont assurées aujourd’hui par des navires plus modernes et plus performants parmi lesquels :

Sources

  • Boulaire, A., & Forissier, P.-F. (2011). La Marine française : de la Royale de Richelieu aux missions d’aujourd’hui. Palantines.
  • Charvin, D., & Magueur, B. (2022). Les escorteurs côtiers. Éditions Lela presse.
  • Dumas, R., & Magueur, B. (2023). Les escorteurs rapides (2e éd). Lela presse.
  • Meyer, J., & Acerra, M. (1994). Histoire de la marine française : des origines à nos jours. Ed. Ouest-France.
  • Monaque, R. (2016). Une histoire de la marine de guerre française. Perrin.
  • Moulin, J., & Dumas, R. (1997). Les escorteurs d’escadre. Marines éd.
  • Perchoc, M. (2009). Renaissance navale : les nouveaux navires de surface français. Marines Editions.
  • Roche, J.-M. (2005). Dictionnaire des bâtiments de la flotte de guerre française de Colbert à nos jours. J.-M. Roche.
  • Vergé-Franceschi, M., Kessler, J., & Acerra, M. (2002). Dictionnaire d’histoire maritime. R. Laffont.
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Travail labélisé

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