Le Lorrain (F768)
Par Alain BENOIST & Guillaume BERTIN, administrateur & secrétaire général de l’association du Mémorial des bunkers de Pignerolle
Parcours et missions
Comme les nombreux escorteurs appartenant à la flotte française, Le Lorrain a été en grande partie financé par les Etats-Unis qui ont apporté leur concours à la France après-guerre afin qu’elle puisse être en mesure de reconstruire sa flotte et qu’elle puisse assurer ses escortes ainsi que la protection de ses intérêts sur les mers et les océans.
Affecté à la 3ème Division des Escorteurs Rapides de TOULON dès son entrée dans le service actif, il réalise sa première missions dans les Antilles françaises.
Entre le 5 janvier 1959 et le 21 novembre 1961, il participe aux opérations de sauvetage consécutives au tremblement de terre de la ville d’AGADIR (Maroc).
1965 : Le Lorrain subit un grand carénage à LORIENT, puis est réaffecté à Brest, au sein de l’Escadre de l’Atlantique dès décembre. Le carénage correspond à un arrêt technique majeur pour entretien, modernisation et révision complète du navire
Déployé aux Antilles et à DAKAR (Sénégal) afin de poursuivre les missions de présence et de coopération entre octobre 1971 et janvier 1972, Le Lorrain est affecté à des opérations en océan Indien d’octobre 1972 à mars 1973, montrant la capacité du bâtiment à opérer loin de ses bases métropolitaines.
Fin de carrière
Mis en réserve après 19 ans de service le 31 décembre 1975, il connait sa dernière cérémonie des couleurs le 6 mars 1976.
Restitué aux Etats-Unis en 1978 puis vendu le 16 novembre 1978, il quitte BREST pour être détruit à VIGO (Espagne) le même jour.
Fiche technique
| Type de navire | Escorteur-rapide type E52A (Classe Le Normand) |
|---|---|
| Mise en service | Mis sur cale en février 1954 Lancé le 19 juin 1954 Baptisé le 31 octobre 1955 Admis au service actif le 1er janvier 1957 |
| Longueur/Maître-bau | 99,80 mètres/10,30 mètres |
| Propulsion | 2 turbines à vapeur de 20 000 CV ; 2 hélices. |
| Vitesse maximale | 27 nœuds (~50 kilomètres/heure) |
| Autonomie | 500 nautiques (~8 334 kilomètres) à 15 nœuds (~28 kilomètres/heure) |
| Armement | Armement : 4 canons de 57mm modèle 51 sous 2 tourelles ; 2 canons de 20mm Oerlikon ; 12 tubes lance-torpilles de 550 mm pour torpilles K2 puis L3 installés sur 4 plateformes triples sans valises de recharge ; 1 mortier ASM de 305mm quadruple Détection : 1 radar de veille combiné DRBV20A puis DRBV22A ; 1 radar de navigation DRBN-32 ; 1 radar de conduite de tir DRBC-31 ; 1 détecteur de radar ARBR-10 ; 2 sonars dont 1 DUBA-1 et 1 DUBV-1 puis DUBV-24 |
| Equipage | En début de carrière : 13 officiers, 185 off.-mariniers et QMM En fin de carrière : 9 officiers, 52 off.-mariniers, 109 QMM |
| Chantier naval | Les Forges et Chantiers de la Méditerranée à la Seyne-sur-Mer |
Sources
- Boulaire, A., & Forissier, P.-F. (2011). La Marine française : de la Royale de Richelieu aux missions d’aujourd’hui. Palantines.
- Dumas, R., & Magueur, B. (2023). Les escorteurs rapides (2e éd). Lela presse.
- Meyer, J., & Acerra, M. (1994). Histoire de la marine française : des origines à nos jours. Ed. Ouest-France.
- Monaque, R. (2016). Une histoire de la marine de guerre française. Perrin.
- Perchoc, M. (2009). Renaissance navale : les nouveaux navires de surface français. Marines Editions.
- Roche, J.-M. (2005). Dictionnaire des bâtiments de la flotte de guerre française de Colbert à nos jours. J.-M. Roche.
- Vergé-Franceschi, M., Kessler, J., & Acerra, M. (2002). Dictionnaire d’histoire maritime. R. Laffont.

