Le Corse (F761)
Par Alain BENOIST, administrateur, et Guillaume BERTIN, secrétaire général de l’association du Mémorial des bunkers d Pignerolle
Missions
Le 23 avril 1955, l’escorteur rapide Le Corse est officiellement admis au service actif de la Marine nationale française. Il est affecté à la 1ère Division d’Escorteurs Rapides (DER) du Groupe d’Action Anti-Sous-Marine (GAASM).
Entre le mois de novembre 1956 et le mois de décembre 1956, le navire participe à l’opération franco-britannique en Méditerranée. Le Corse assure la surveillance et la protection anti-sous-marine des bâtiments alliés, renforçant la présence française dans la zone. Au cours de cette mission, il détectera aux côtés de l’escorteur-rapide Le Bordelais un sous-marin ennemi.
Après près de 10 ans de service actif, le navire est temporairement retiré du service opérationnel le 2 novembre 1964, pour entretien et modernisation.
Le Corse reprend du service actif le 9 janvier 1970 après réarmement. Il intègre la 1ère DER de la flottille des escorteurs de l’Atlantique (FLOLANT).
Le 4 juillet 1973, Le Corse connaît un accident d’abordage avec l’escorteur d’escadre Du Chayla. L’étrave (pièce formant la proue) est endommagée lors de cet accident. Les réparations sont effectuées avec la soudure de l’étrave de l’escorteur Le Bordelais, mais cet incident réduit l’efficacité opérationnelle du navire.
Fiche technique
| Type de navire | Escorteur rapide de classe E50 |
|---|---|
| Mise en service | Mise sur cale le 15 mars 1952 Lacement le 5 août 1952 Admis au service actif le 23 avril 1955 |
| (Longueur/maître-bau) | 10,30 mètres x 4,30 mètres |
| Propulsion | 2 turbines à vapeur de 20 000 CV ; 2 hélices |
| Vitesse maximale | 27 nœuds (~ 50 kilomètres/heure) |
| Autonomie | 4 500 nautiques (~8 334 kilomètres) à 15 nœuds (~ 28 kilomètres/heure). |
| Armement | 6 canons de 57 millimètres sous 3 tourelles ; 2 canons de 20 millimètres ; 12 tubes lance-torpilles de 550 millimètres ; 1 lance-roquettes sextuple de 375 millimètres (dérivé du « hedgehog » américain de la seconde guerre mondiale) de lutte Anti-sous-marine ; 1 Grenadeur de sillage ; |
| Equipage | 12 officiers, 31 officiers mariniers et 149 quartiers-maîtres et matelots |
| Chantier naval | Arsenal de LORIENT |
Fin de carrière
L’escorteur est condamné en 1975. Sa coque, en attente en rade abri à BREST, son dernier port d’attache. Il servira, le 31 octobre 1975, de cible à un missile Exocet tiré du porte-hélicoptères la Jeanne d’Arc.
Le 30 octobre 1976, l’escorteur rapide Le Corse, réduit à l’état de cible, est coulé en Méditerranée par le sous-marin Psyché.
Sources
- Boulaire, A., & Forissier, P.-F. (2011). La Marine française : de la Royale de Richelieu aux missions d’aujourd’hui. Palantines.
- Dumas, R., & Magueur, B. (2023). Les escorteurs rapides (2e éd). Lela presse.
- Monaque, R. (2016). Une histoire de la marine de guerre française. Perrin.
- Roche, J.-M. (2005). Dictionnaire des bâtiments de la flotte de guerre française de Colbert à nos jours. J.-M. Roche.
- Vergé-Franceschi, M., Kessler, J., & Acerra, M. (2002). Dictionnaire d’histoire maritime. R. Laffont.

