Le Mercure (M765/P765)
Par Alain BENOIST & Guillaume BERTIN, administrateur & secrétaire général de l’association du Mémorial des bunkers de Pignerolle
À l’origine, le Mercure est construit comme dragueur de mine côtier, un type de bâtiment destiné à la neutralisation des mines marines dans les eaux territoriales françaises. Ces dragueurs jouent un rôle crucial dans la sécurité maritime du pays dans l’après‑guerre, en garantissant la sûreté des voies navigables et des ports.
Dans les années 1970, les besoins évoluent : la menace des mines diminue et les missions de surveillance, de police des pêches et de présence maritime deviennent plus importantes. Le Mercure est alors reclassé en patrouilleur – c’est‑à‑dire un bâtiment polyvalent chargé de missions de surveillance, de contrôle des pêches, de police des mers et de présence maritime.
Le dragueur de mines (M765)
Dernier dragueur de mines construit par la France – à seulement 7 exemplaires dont 1 revient à la Marine nationale, les 6 autres rejoignent la Marine allemande -, le Mercure participe durant ses premières années de service (fin des années 1950 – fin des années 1960) à des missions de :
détection et destruction de mines marines héritées de la Seconde Guerre mondiale.
participation à des campagnes de dragage dans les eaux territoriales françaises.
sécurisation de zones côtières stratégiques (bouches de ports, approches des voies navigables).
Ces missions étaient importantes et essentielles dans un contexte où les mines – armes largement utilisées lors des différentes batailles navales de la Seconde Guerre mondiale – encore actives représentaient une menace non négligeable pour la navigation commerciale et militaire de l’époque.
Le patrouilleur (P765)
Une fois transformé en patrouilleur par la Directions des Constructions Navales (DCN) de CHERBOURG, le Mercure remplit plusieurs missions. Il assure notamment :
la surveillance des zones économiques exclusives (ZEE) et veille à l’application des règlements nationaux et internationaux en matière de pêche et de navigation.
la police des pêches par le contrôle des navires de pêche, la détention des licences ou encore la lutte contre la pêche illégale.
la protection maritime par l’observation des navires suspects, prévention des trafics illicites en mer.
l’assistance et le secours en mer avec la participation à des opérations de sauvetage et/ou d’assistance aux navires en détresse.
Fiche technique
| Type de navire | Dragueur de mines puis patrouilleur |
|---|---|
| Mise en service | Quille posée en janvier 1955 Lancé en février 1957 Armé et admis au service actif le 20 décembre 1958 |
| (Longueur/Maître-bau) | 44.35 mètres/8.27 mètres |
| Propulsion | 2 moteurs diesels MGO 2 hélices Puissance de 2×1000 CV |
| Vitesse maximale | 15 nœuds (~28 kilomètres/heure) |
| Autonomie | 6000 nautiques à 10 nœuds |
| Armement & détection | Armement (patrouilleur) 2 canons de 20mm Oerlikon Détection |
| Equipage | 37 marins |
| Chantier naval | Constructions mécaniques de Normandie |
Fin de carrière
Le Mercure qui était en stationnement à LA PALICE, près de LA ROCHELLE, est conduit à LORIENT. Après une carrière longue de plus de 32 ans, il est retiré du service actif le le 27 avril 1991 remplacé par le patrouilleur Grèbe.
Sources
- Boulaire, A., & Forissier, P.-F. (2011). La Marine française : de la Royale de Richelieu aux missions d’aujourd’hui. Palantines.
- Meyer, J., & Acerra, M. (1994). Histoire de la marine française : des origines à nos jours. Ed. Ouest-France.
- Monaque, R. (2016). Une histoire de la marine de guerre française. Perrin.
- Perchoc, M. (2009). Renaissance navale : les nouveaux navires de surface français. Marines Editions.
- Roche, J.-M. (2005). Dictionnaire des bâtiments de la flotte de guerre française de Colbert à nos jours. J.-M. Roche.
- Vergé-Franceschi, M., Kessler, J., & Acerra, M. (2002). Dictionnaire d’histoire maritime. R. Laffont.

